La memoria si fa carne
Coniugi Arnolfini@2013

transmedia

La memoria si fa carne


Citoyenneté Ma maison est où je suis

Le portrait des époux Arnolfini de Jan Van Eyck, qui date 1434 montre la condition d’un couple de migrantes toscanes qui habitait en Belgique. Bien évidement le couple appartenait a une classe sociale haute pour confier au peintre flamand leur portrait. Je reprend avec ironie cette œuvre comme une référence, comme pour créer une continuité. Comme madame Arnolfini en état de grossesse, je me photographie avec mon compagnon, mon chien, les oranges, le miroir. C’est une manière de documenter que ma maison est ici, où je suis maintenant et que je suis une citoyenne belge.

Mémoire La mémoire se fait chair

L’idée d’avoir eu une histoire, de pouvoir la raconter et d’en recevoir un enseignement tient la communauté en vie. La mémoire d’un peuple naît et acquiert de la consistance quand celui-ci mûrit une conscience des valeurs qui lui appartiennent. Pour la sauvegarder il faut au moins avoir conscience que quelque chose a été. Je me situe entre souvenirs personnelles et mémoire collective, je veux souligner que même les souvenirs les plus intimes ne sont pas le reflet d’une mémoire strictement privée mais plutôt le projet de prendre soi-même comme sujet d’étude pour mieux comprendre l’Humain en général et la Mémoire en particulier. Filmer ma propre personne signifie m’éloigner légèrement de la réalité pour la regarder, et ainsi être plus présente. Je me demande si on n’est pas plus universel en restant dans le particulier, si en écrivant avec rigueur et en détail, on arrive à transcender notre propre personne, notre propre vie.

Vivre ailleurs

Vivre ailleurs m’a appris qu’on vive ailleurs non pas pour découvrir les autres, mais pour se découvrir soi même. Pas seulement pour cela, c’est évidente. Parfois il faut vivre ailleurs pour se gagner la vie, parfois on a envie juste de le faire pour se débarrasser des névroses nationales. Vivre ailleurs m’a aussi appris que je suis italienne et peut-être pour savoir qui nous sommes, nous tous devons nous regarder de l’extérieur.

Émigration italienne en Belgique Le migrante devient un citoyen

En fouillant dans les mémoires des italiens de Belgique il y a une histoire parallèle. Il y a le fascisme et l’anti-fascisme, la participation à la Résistance belge, le sang de la classe ouvrière et il y a un pays qui à moment donné proclame «désormais vous êtes des nôtres!». L’héritage de vieux italiens appartient à la Belgique et à l’Italie, pas seulement pour gratitude mais parce qu’elle fait partie de l’histoire de deux pays, une histoire qui tend encore à absorber des cultures différentes. Le lien avec les origines est visiblement présent, comme c’est visible un sentiment d’appartenance, achevée en se reconnaissant dans les lieux du pays d’accueil. La migration est strictement liée à l’identité culturelle de la même manière que l’hérédité culturelle au développement d’un pays. Vivre dans un pays ou dans une région, partager droits, devoirs et motivations, fait de son résident un citoyen. Les vies des italiens de Belgique me montrent que la liberté d’exister d’un être humain ne dépend pas de son origine, mais d’un Etat, d’une ville, du quartier où il vit.

Immigration en Italie L’Italie est un bras qui se détache des épaules des Alpes et se prolonge vers la mer Méditerranée. L’Italie n’est pas une botte. Erri De Luca

Tout est dérivé de cette forme de l’Italie: la forme d’un bras étendu dans la mer Méditerranée, comme un pont. Ce bras a accueilli tout ce que’ elle a: de la nourriture à l’architecture, au théâtre, à l’astronomie. L’histoire italienne se caractérise par des transit culturels, beaucoup de peuples ont traversé et mélangé leur sang avec ses gens. Une péninsule ouverte et sans défense qui a été un pont et une passerelle pour l’histoire de nombreux peuples. Les héritiers des Républiques maritimes ont vécu et prospéré grâce à la libre circulation des biens et des marchands. L’histoire et la culture de l’Italie sont liées à sa géographie spécifique, un bras qui s’ étend dans la mer Méditerranée.

Identité, Humanité Le sang coule dans les veines

J’aime les paroles de Hermes Maria Ronchi pour approcher le concept d’identité: Mon identité est en perpétuel devenir. Je n’ai pas une identité à protéger, j’ai qu’une identité a réaliser, une identité qui avance, de plus en plus, en constante évolution. Mon identité n’est plus celle d’hier. Qui suis-je? Je suis mes idées que j’ai changé, les émotions que j’ai eu, bonnes ou mauvaises, je suis ma volonté. Mon identité est composée des bras qui s’étendent, et ne pas des racines figées.

Migration, Réseau, Globalisation Le rapprochement du monde dans le monde

Les migrations font partie de notre monde globalisé qui est avant tout un monde interconnecté. J’ai pu constater lors de mon projet au Maroc sur le transit des migrants subsahariennes, qu’il faut un réseau pour migrer. Un réseau fait de relations culturelles, familiales, économiques ou linguistiques transnationales. Les nouvelles technologies permettent d’interagir tous les temps avec des gens et des situations, indépendantement de leur emplacement géographique. Cette situation peut augmenter la diversité culturelle, comme une réponse à la nécessité croissante de sortir du provincialisme et construire une idée d’identité toujours plus riche et nouvelle.

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